Plus que la technicité du geste, la concentration est l’une des clefs du tir à l’arc.

L’archer arrive portant son arc et vient se positionner face à la cible. Puis, il place ses doigts sur la corde et l’autre main dans la poignée de l’arc qu’il met ainsi en légère tension. Il aligne son avant-bras sur la flèche. Puis, reculant le bras, il tend la corde au maximum et place doucement la flèche et l’arc au niveau de la cible qu’il fixe du regard. Enfin, il lâche la corde. La flèche s’envole vers la cible tandis que le bras d’arc, libéré de sa tension, se relâche entraînant l’arc vers le bas. Cet enchaînement complexe et extrêmement précis qui se déroule en continu en quelques secondes.

Alors que le novice doit se concentrer sur son geste, pour l’expert il est automatique, ce qui lui permet de se focaliser sur sa stratégie. On a même constaté que demander à l’expert de se concentrer sur son geste avait, au contraire, comme résultat d’affaiblir sa performance. C’est exactement la même chose lorsque vous faites un créneau pour garer votre voiture. Quand vous le faites sans y penser, tout se passe bien. Mais si une file de voitures s’impatiente, vous vous appliquez pour réussir du premier coup, et c’est justement là que vous ratez votre manœuvre.

Dans une approche inspirée de l’Orient, on dira que l’archer doit se concentrer à la fois sur soi et sur la cible. Il doit y avoir un continuum entre le tireur et la cible, le regard guidant la flèche.

Que se passe-t-il dans la tête de l’archer ? Des chercheurs coréens ont tenté de répondre à cette question en comparant les encéphalogrammes d’une quinzaine de ces sportifs équipés de capteurs capables de transférer les données à distance en temps réel. Sachant que la fréquence des ondes émises par le cerveau diffère selon que le sujet est concentré, distrait, détendu, les chercheurs ont pu établir des profils types.

Conclusion :

les archers du meilleur niveau manifestent à la fois le degré d’attention et de relaxation le plus élevé. A l’opposé, les archers les plus novices sont moins concentrés et plus tendus.

Le tir à l’arc nécessite non seulement de la force physique et de l’habileté mais aussi une excellente concentration. De fait, même si tous les sports supposant une répétition du geste exigent de la concentration, le tir à l’arc est celui auquel on l’associe le plus spontanément. Mais qu’entend-on exactement par attention ou concentration ? Au-delà de l’idée intuitive qu’on en a, les théoriciens la définissent comme « l’engagement conscient ou inconscient dans des activités perceptives, cognitives ou motrices en vue de la réalisation d’une performance ».

Qu’est-ce que la concentration?

C’est la faculté d’arrêter son attention et de la maintenir sur un point précis et unique dans un temps déterminé par la volonté. Elle est liée à la respiration. Ce sont deux clés fondamentales sans lesquelles le tir à l’arc ne peut exister. Avec elle, on arrive à une sorte de détachement où vous ne ferez plus qu’un avec votre arc, votre flèche et votre cible. Il faut arriver à un automatisme le même que vous avez lorsque vous conduisez une automobile. Vous êtes attentif à la route seulement, le reste, le volant, le passage des vitesses etc, se font automatiquement. Vous devez arriver à la même chose avec votre arc.

Le cerveau est un organe subtil, capteur de pensées qu’il mémorise à notre avantage ou désavantage selon notre potentiel d’apprentissage et d’attitude vraie ou fausse par rapport à notre véritable identité mentale et émotionnelle.

Il n’est pas facile de dompter l’esprit, le mental, car il est sans cesse avide de distractions. L’archer doit le modeler, le façonner au travers d’exercices.

                                   ORDONNEZ LA PENSEE ET L’EXRCICE EN FONCTION DE VOTRE NIVEAU DU MOMENT.

La concentration présente «deux cerveaux» que je qualifierais d’externe et d’interne.

  • L’EXTERNE: lié à la réceptivité de votre regard dans l’espace (cible, flèche, objets sur la trajectoire, etc…).

  • L’INTERNE: responsable de la transformation (l’émissivité, qualité d’expression, émotivité, activité, etc…).

EXERCICES POUR DEVELOPPER LA CONCENTRATION :

  • Choisissez un objet distant d’environ un mètre et focalisez votre regard sur lui, les deux yeux ouverts.

Prenons par exemple une boîte d’allumettes, commencez un exercice en évoquant les idées qu’elle vous suggère: l’aspect de l’objet, ses propriétés, sa couleur et se forme, la matière dont il est composé, sa surface.

Les objets doivent être simples pour les visualiser dans leur globalité.

Considérez cet exercice comme une gymnastique mentale tout simplement sans lui porter une valeur intellectuel.

  • Temps de concentration: une minute, sans que s’interpose la moindre déviation de pensée. En cas d’échec, ne vous énervez pas et surtout ne baisser pas les bras. Au début l’exercice n’est pas évident mais persévérez et vous verrez vos aptitudes de concentration évoluer positivement. Lorsque vous serez en mesure de prolonger cet exercice pendant trois minutes, vous pourrez songer à vous fixer sur un autre. Ce type d’exercices accroît la faculté de mémorisation ou inversement, celle de dissoudre dans son esprit les éléments parasites.

EXERCICE DE VISUALISATION DES COULEURS

L’exercice stimule de manière subtile nos perceptions astro-mentales et renforce les facultés de votre cerveau. La difficulté est plus grande que pour l’exercice précédent du fait de l’absence de forme.

L’exercice consiste à imprégner son champ mental d’une couleur, le bleu par exemple, puis de la diffuser lentement dans son système respiratoire (choisissez vous-même le sens de rotation).

Dans vos premiers essais, fermez les yeux pour mieux intérioriser votre exercice. Exercez-vous avec d’autres couleurs: jaune, vert, rouge, violet, orange, etc…

VALEURS DES COULEURS:

  • ROUGE CLAIR ET ROSE: offre l’énergie, l’éveil, la vigilance, repousse la somnolence. (ROUGE FONCE INTERDIT).

  • JAUNE ET ORANGE: stimulation et purification.

  • VERT ET BLEU: favorisent la détente et fait régresser l’anxiété de la pensée.

  • VIOLET: stimule le détachement intérieur.

SOYEZ VIGILANT: NE LAISSEZ PAS ENTRER DES FORMES ? OBJETS OU AUTRES PENSEESPARASITES.

Lorsque vous tirez en plein air ou en salle, isoler le centre pour ne voir que ce dernier (déterminer le centre du centre).

Si un problème particulier revient avec insistance, adoptez l’attitude suivante :

  • Ne pas s’énerver.

  • Ne pas abandonner.

  • Donnez-lui un moment d’attention en vous adressant à lui en ces termes: «ne me dérange pas maintenant, je suis occupé(é), je me consacrerai à toi plus tard ».

Avec la mise en place en cours pratique d’un automatisme et la pratique de ces exercices vous parviendrez à une bonne, puis une très bonne concentration sur votre objectif: le jaune

QUATRE remarques importantes:

  • Il est préférable de faire ces exercices le matin car après une nuit de sommeil, vous serez reposé.

  • Travaillez vos exercices régulièrement pour fixer vos automatismes.

  • 10 MN par jour pendant quelques semaines (Attention, ceci est variable selon les individus) suffiront amplement.

  • La qualité de l’effort est préférable à la durée.

Pour conclure

  • Définissez un objectif précis de ce que vous allez faire.

Le cerveau vous rend au centuple ce qu’il peut produire si vous lui donnez le signal de ce qu’il doit faire en tant et en heure.

  • Augmentez vos performances

Vous parviendrez à améliorer réellement vos résultats si chaque jour vous effectuez les exercices chaque jour. Vous rencontrerez parfois des obstacles, des périodes de découragements mais, sachez que les prochaines nouvelles tentatives amélioreront vos performances.

La concentration s’acquière par son emploi quotidien. Il serait faux de croire qu’il suffit de décider de rester concentrer pour que cela soit ainsi. Bien évidemment ce n’est point le cas. C’est la répétition qui produira un résultat quantifiable.

Partez du principe que si aujourd’hui, vous avez pu maintenir pendant 2 minutes votre esprit sur un exercice, demain vous parveniez à atteindre la durée de 3 minutes, vous avez fait un réel progrès. Votre cerveau enregistrera cette nouvelle performance et facilitera les prochaines tentatives.

  • Restez en état d’éveil !

Quand on interroge les personnes qui parviennent à demeurer longuement concentrées sur une tâche, elles vous répondront quelles essaient en permanence de rester en état d’éveil et d’intérêt.

On perd vite l’attention de notre pensée quand l’intérêt est faible. Au contraire, trouvez de nouveaux centres d’intérêt dans tout ce que vous faites. Il y a beaucoup d’aspects à dénicher qui peuvent entretenir votre éveil. Cherchez à apprécier ce que vous êtes en train de faire.

Moins vous serez dans la routine, plus votre esprit gardera un niveau élevé de concentration. Un moyen efficace d’y parvenir est de relancer votre attention en vous posant de temps à autres des questions

Ces questions sont destinées à réorienter par un centre d’intérêt votre esprit.

EXERCICES

L’objectif:

Par l’esprit, il faut que vous soyez capable de vous voir de l’extérieur comme avec une vidéo. Vous pouvez le faire soit pour réaliser la flèche parfaite qui atteint le centre de la cible, soit pour renforcer un travail technique particulière.

                                                      

À quoi cela sert-il ?:

Cela augmentera ta confiance en tes capacités de réussite. L’image d’un élément technique permet de renforcer le travail d’automatisation.

Comment bien réaliser l’exercice:

L’image doit intégrer ta stratégie de tir globale de la flèche réussie.

Consignes:

Ne pas oublier d’associer l’exercice avec une respiration calme et profonde.

Exemples d’imagerie

Donc de l’extérieur, je vois ma corde se déplacer en continu pendant la traction et jusqu’à la

libération. Ou encore, je vois le trajet et la vitesse de ma main de corde au moment de la libération de la flèche et jusqu’à ton repère de fin de geste.

Etc..